ExpositionsProgrammeArtistesPublicationsCollectionCollectÉvénementsVisiteÀ proposPresseRecherche

Appel à candidatures — Humain, trop humain

Affiche Artist Open Call — Photo : DeNode
Affiche Artist Open Call — Photo : DeNode

Act I — What We Make · un projet de la Fondation DeNode sous la direction artistique de Kristof Vander Cruyssen

Appel à candidatures : du 18 septembre au 18 novembre 2026, 23 h 59 (CET)

Vernissage de l'exposition : vendredi 29 janvier 2027 à la Fondation DeNode, Gand

Les artistes sélectionné·es participeront à Humain, trop humain – Acte I, la première exposition du nouveau cycle de DeNode.

Le cycle d'expositions

Humain, trop humain est conçu comme un cycle de deux expositions autonomes mais liées entre elles. L'Acte I, What We Make, s'intéresse à la manière dont une œuvre est faite et aux opérations qui disparaissent derrière sa forme achevée. L'Acte II, What Makes Us, examinera ce qui se passe une fois que l'œuvre quitte l'atelier : comment les curateurs, les collectionneurs, les institutions, les conditions d'exposition, les récits et les publics participent à la production de sa valeur.

Le cycle emprunte sa méthode à Humain, trop humain (1878) de Friedrich Nietzsche : ramener ce qui paraît élevé, nouveau ou inévitable à ses origines trop humaines – le travail, l'habitude, l'erreur, la peur, la vanité et le choix. Le titre n'est donc pas une décoration ; il nomme la méthode.

La question posée aux artistes

Cette exposition demande une seule chose aux artistes : enquêter sur l'« origine trop humaine » de leur propre façon de faire. La réparation devenue composition. La vanité qui a choisi un format. L'échec qui s'est révélé la clé. L'habitude de la main devenue style. L'erreur devenue forme.

Dans les conversations d'atelier, les artistes parlent souvent du processus : ce qui est né par accident, ce qui a échoué et ce qui est resté. Dans l'espace d'exposition, c'est précisément cela qui tend à rester invisible. Ce n'est pas le fait de l'artiste, mais une propriété de l'espace lui-même : l'œuvre achevée dissimule ses origines. Humain, trop humain invite les artistes à faire entrer le langage de l'atelier dans l'espace d'exposition.

Nous ne demandons ni autobiographie ni confession : non pas qui est l'artiste, mais ce qui s'est passé pendant la fabrication. Ce qui nous intéresse, c'est la façon dont la forme est apparue. Quelle répétition, sélection, préparation, quel automatisme, quelle erreur, correction, contrainte, réparation ou quel abandon est devenu constitutif de l'œuvre finale ? Les artistes peuvent aussi considérer les autres mains qui ont participé à la fabrication – assistant·es, fondeurs, imprimeurs, encadreurs, traducteurs ou collaborateurs – et ce que ces mains ont apporté ou décidé.

Nous ne cherchons pas non plus un récit sans faille. L'honnêteté sur ce qui s'est passé vaut plus qu'une explication parfaite, et garder le silence sur une partie de l'œuvre est aussi une réponse valable.

Pourquoi cette question maintenant

La question de l'auteur et du statut de l'œuvre d'art court de Duchamp à l'art conceptuel jusqu'aux débats actuels sur l'intelligence artificielle. L'IA n'est pas le sujet de cette exposition ; elle est l'occasion qui rend la question visible et urgente. L'appel ne demande pas aux artistes de prendre parti dans la guerre froide entre les enthousiastes et les adversaires de l'artificiel. Il se tourne au contraire vers la fabrication elle-même, et vers ce qui ne se laisse pas moyenner : la réparation, l'erreur, l'habitude et la décision.

Il ne s'agit pas d'un démasquage cynique de l'art comme simple vanité. Pour Nietzsche, le désenchantement est une libération : ce qui perd son élévation devient quelque chose avec quoi l'on peut travailler. La réparation, l'échec et l'habitude ne sont pas un réquisitoire ; ils deviennent matériau.

Ce que nous cherchons

Nous accueillons des propositions précises d'œuvres qui enquêtent sur leur propre fabrication plutôt que d'illustrer Nietzsche, l'IA ou un thème général. L'appel est ouvert aux artistes professionnel·les, émergent·es ou confirmé·es, travaillant individuellement ou en collectif.

La sélection repose sur deux critères, énoncés ici à l'avance :

  • l'œuvre enquête sur ses propres origines au lieu d'illustrer le thème ;
  • l'œuvre traite son origine humaine comme un sujet, non comme un label de qualité. Qu'un être humain l'ait faite ne prouve rien, puisque c'est vrai de toute œuvre ; ce qui compte, c'est ce que l'œuvre en fait.

Œuvres et pratiques

Toutes les pratiques artistiques sont les bienvenues, y compris la peinture, le dessin, la sculpture, l'installation, la photographie, le son, la performance, l'édition, le textile, la vidéo et les formes numériques. Les artistes peuvent proposer des œuvres existantes, des adaptations ou de nouvelles productions, avec un maximum de trois œuvres par artiste ou collectif.

DeNode dispose de plusieurs écrans et projecteurs qui peuvent être mis à disposition lorsque l'œuvre l'exige. Merci d'indiquer clairement vos besoins techniques, en particulier pour la diffusion d'images et de sons et les formats de fichiers.

Comment candidater

Merci d'envoyer un seul PDF contenant :

  • une courte description et quelques images de chaque œuvre proposée ;
  • le titre, l'année, le médium et les dimensions ou la durée de chaque œuvre ;
  • pour chaque œuvre, une note de travail de 300 mots maximum décrivant ce qui s'est passé pendant la fabrication, plutôt que ce que l'œuvre signifie ;
  • une fiche technique concise et, pour une nouvelle œuvre proposée, un calendrier de production indicatif.

Ne mettez pas votre nom dans ce PDF. Envoyez vos coordonnées et une courte biographie (100 mots maximum) dans un fichier séparé. Aucun portfolio complet n'est requis, et il n'y a pas de frais de candidature.

Nous savons que préparer une candidature demande du temps qui n'est pas rémunéré. C'est pourquoi le premier tour est maintenu aussi léger que possible, et pourquoi chaque candidat·e reçoit une réponse personnelle.

Procédure de sélection

Les propositions nous parviennent par deux voies : cet appel public et une invitation directe adressée aux artistes qui ont exposé chez DeNode depuis son ouverture en 2023. Les artistes invité·es n'ont aucun statut particulier dans la sélection ; les mêmes critères s'appliquent à chaque proposition.

Le premier tour est lu à l'aveugle : nous voyons l'œuvre avant de voir le nom, afin que l'œuvre passe avant l'expéditeur. Un second tour suit, avec un entretien ou une visite d'atelier (fin novembre – décembre 2026). La sélection est faite par Kristof Vander Cruyssen (directeur artistique) ; Paul De Cannière et Hanna Ouaziz lisent à ses côtés comme caisse de résonance. La décision et la responsabilité reviennent à la direction artistique. L'exposition présentera de quinze à vingt-cinq œuvres.

Chaque candidat·e reçoit une réponse personnelle au plus tard en décembre 2026.

Ce qu'il advient de votre candidature

Votre candidature est conservée jusqu'à la fin de l'exposition, avec les notes prises lors de l'évaluation. Une œuvre soumise n'est ni montrée ni publiée sans votre consentement explicite, et jamais sans accord ni rémunération. Vos données ne sont pas transmises à des tiers, et votre candidature n'est pas utilisée pour entraîner des systèmes d'IA. Après la sélection, nous parlerons publiquement des choix opérés, sans citer de noms : une maison qui interroge les artistes sur leurs choix doit pouvoir rendre compte des siens.

Référence

Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain. Un livre pour esprits libres (1878).

Conditions et date limite

Chaque artiste sélectionné·e reçoit une rémunération de présentation de 150 € par œuvre et par mois d'exposition. DeNode ne prévoit aucun budget de production, y compris pour les adaptations ou les nouvelles œuvres. Les conditions relatives au transport et à l'assurance seront communiquées dès leur confirmation par DeNode.

Date limite : mercredi 18 novembre 2026, 23 h 59 (CET)

Envoyer à : info@denode.be · Objet de l'e-mail : Humain, trop humain – Act I

Envoyer votre proposition