
Personne n'aurait pu peindre un Van Eyck avant la mise au point de la peinture à l'huile, personne n'aurait pu faire un Courbet avant la révolution industrielle, et personne n'aurait pu créer un Dalí avant l'émergence de la psychanalyse. Il s'avère ainsi que l'art que nous qualifions d'intemporel est en réalité toujours très actuel. Il est toujours le produit de la technologie et de l'idéologie dans lesquelles il a été baptisé. Il en va de même pour l'œuvre de Kat Bové.
Son travail imite sans vergogne les selfies au miroir, renvoie à l'interface d'Instagram et parodie la culture des influenceurs. Il est réalisé avec des matériaux comme la peinture acrylique fluo, le graffiti et les marqueurs Posca. Son style puise dans les dessins animés et l'art publicitaire. L'iconographie hyper-contemporaine qu'elle emploie sera aussi cryptique pour les générations futures que celle des amphores grecques ou des sarcophages égyptiens. De toutes les manières possibles, l'art de Bové reflète le moment où il a été créé. Nulle part cela n'est plus clair pour moi que dans la façon dont l'artiste aborde l'un des thèmes centraux de l'exposition : la féminité.




